3 novembre 2018 – Traversée Maroc -> Canaries

Nous commençons à faire des simulations de route pour rallier Arrecife aux Canaries sur l’île de Lanzarotte. La météo au large est capricieuse, tous les 2 jours nous subissons un coup de vent du nord à 25/30 noeuds pendant quelques heures. La houle est formée 2 à 4 mètres. Une fenêtre se profile pour un départ le 3 ou le 4 novembre. Nous suivons l’évolution au jour le jour.


3 au 5 novembre 2018 – Route d’Agadir aux Canaries.

Nous surveillons la météo depuis plusieurs jours mais les possibilités de départ sont très réduites. Tous les 2 jours un coût de vent de Nord-Est à 35 nœuds (des rafles à 60 nœuds vécues par un autre plaisancier) nous empêche de quitter Agadir. Du 3 à 5 novembre le vent semble se calmer (15/25 annoncés). Cependant les fichiers de direction et hauteur de vagues ne prévoient pas de houle inférieure à 2 mètres (période 8 seconde).

Nous décidons de partir le 3 novembre en fin d’après-midi. Cinq autres bateaux prennent le départ. La sortie de la baie d’Agadir est calme. Toute la nuit le vent est très faible et s’installe en direction du Sud-Ouest. Nous naviguons avec le solent et les moteurs et nous nous relayons avec Delphine pour des quarts de nuit d’une heure. La première moitié de la nuit nous devons éviter les bateaux de pêche marocains. A partir de 60 milles des côtes plus de pêcheurs. Vers 6 heures du matin la houle se creuse. De 2,2m prévus nous passons à 3,5m. Le vent de Nord-Est se lève (15/18 nœuds apparent). Les vagues viennent frapper le dessous du bateau. Nous modifions légèrement notre cap pour bien passer la vague. La vitesse monte 6/7 nœuds. Pas très confortable, mais on avance bien. En milieu de journée la houle est plus régulière à 2m. Pour occuper l’après-midi nous avons regardé Titanic. L’ambiance à bord est au top, pas d’iceberg en vue !!! En fin de journée, nous pouvons reprendre un cap direct. Le soleil se couche et comme hier les dauphins accompagnent Atlantide qui rentre dans la nuit. Au matin Lanzarotte est en vue. A nouveau un groupe de dauphins vient jouer avec les étraves du bateau.

Nous jetons les amarres sur Lanzarotte, Playa Blanca à la Marina Rubicon. Ambiance sympa avec beaucoup de bars, plein de bateaux étrangers de passage. Ça sent le départ aux Antilles …


6 au 15 novembre 2018 – Lanzarotte, Playa Blanca, Marina Rubicon.

Il nous a été difficile de trouver une place de port. Lanzarotte compte seulement 3 ports. C’est la pleine saison aux Canaries. Beaucoup de bateaux se retrouvent dans l’archipel avant de se lancer pour la transatlantique à la faveur des alizés. De plus, les rallies monopolisent des marinas. Notre demande a été refusée sur Arrecife et Puerto Calero (rien avant le 24/11). Fort heureusement Marina Rubicon au sud de l’île nous a accepté jusqu’au 1er décembre.

Nous y retrouvons des amis faits dans les précédents ports. Dominique (sur Court Bouillon) rencontré à Rabat. Il nous a invité à dîner dans la maison qu’il a loué en centre de l’île non loin des spots de parapente l’un de ses sports favoris. Nous partageons des apéritifs avec Laurent et Marie-Pierre (sur Up to you), Fabien et Maryline (sur Manta), Daphné et Eric (sur Ti Punch). Cette marina est magnifique ; des bars, des restaurants, une piscine, un supermarché, un chipchandler, une station service, une laverie, un loueur de voiture, … Bref tout pour vider le porte monnaie du plaisancier.

Jusqu’au 16 novembre, Marilou avance dans son travail. La semaine suivante avec Laurent et Virginie sera consacrée à la visite de l’île en voiture. Pendant ce temps le capitaine débute la préparation du bateau pour la transat : sortie de l’hydrogénérateur, vérification des moteurs, inspection de l’accastillage, remplacement d’une pompe défectueuse, pleins de gasoil … La capitaine prépare la liste de l’avitaillement pour 20 jours pour 7 personnes et ses menus.


13 novembre 2018 – Conférence de Jimmy Cornell à Arrecife

Pour les marins c’est le pape de la navigation hauturière moderne, pour les terriens certainement un illustre inconnu. Jimmy Cornell, 78 ans, a plus de 200 000 milles au compteur parcourus sur tous les océans du globe. Il a à son actif trois tours du monde, des voyages en Antarctique et le Passage du Nord-Ouest. En plus d’être navigateur émérite, il est journaliste à la BBC et écrivain. Plusieurs de ses livres sont vendus dans le monde entier dont « Routes de Grande Croisière » qui est LA référence pour planifier les traversées sur les différents océans de la planète en fonction des saisons, des vents dominants, des courants. Jimmy Cornell est aussi le créateur de l’ARC en 1986 (Atlantic Rallye for Cruisers), qui regroupe des dizaines de bâteaux pour la traversée Est-Ouest de l’Atlantique par les alizés. Il a organisé 38 rallyes. Il est aussi à l’origine, avec le chantier naval Garcia, de l’Explorer 45, un bâteau à coque aluminium taillé pour les voyages au long court sans renoncer au confort à bord.

La première partie de la conférence traite de l’évolution climatique et ses conséquences sur les routes de navigation. Jimmy Cornell constate depuis des années le dérèglement climatique et ses conséquences sur le milieu marin et les hommes. La hausse de la température des océans conduit à la réduction des massifs coralliens, l’accélération de la fonte des glaces, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des typhons, cyclones et grosses tempêtes. La hausse du niveau de l’eau sera la cause de la disparition de certains îlots ou atolls et du changement de traits de côte. Plus que jamais, il convient d’être vigilant sur les dates de traversée. L’analyse météo est indispensable pour avoir la bonne fenêtre de route. Les passages de « grains » peuvent parfois être dangereux avec de fortes accélérations et changements de direction de vent. Le maître mot est donc « anticipation » et une très bonne préparation. Jimmy Cornell est très alarmiste sur les conséquences de la fonte du permafrost qui peuvent être un chaos pour l’humanité. Bref rien de bien positif dans cette présentation. On se disait dans la salle : « Profitons-en pendant qu’il en est encore temps ». D’ici quelques années nous pourrons encore naviguer dans les différentes régions du globle mais le passage de l’une à l’autre sera de plus en plus difficile à réaliser.

Pour la seconde partie de la conférence, Jimmy Cornell a présenté les routes possibles et leur saisonnalité après un viron dans les Antilles. Un florilège de son livre « Routes de Grande Croisière » : retour en Europe en route direct ou via les US, passage de panama et les différentes options de route sur le Pacifique et l’Océan Indien pour une circumnavigation.


17 novembre 2018 – Lanzarotte (sud-ouest)

Laurent et Virginie sont sur Atlantide pour une semaine. Nous profitons de leur passage pour une visite de Lanzarotte. Nous débutons par une grimpette d’un petit volcan sur la route de El Golfo.

Village de El Golfo les roches de lave pétrifiée rencontrent les vagues déchaînées de l’océan atlantique.

Los Hervideros (en français : les Sources bouillonnantes). Les coulées de lave datent du XIIIème siècle. Les vagues s’engouffrent dans un petite baie avec une puissance incroyable. Elles s’écrasent au fond de deux grottes séparées par une voute de lave dans un bruit assourdissant. Notre visite un jour d’avis de vent frais rend ce site encore plus spectaculaire.

Sur la route côtière du retour passage par les Salines de Janubio. Avant les éruptions de 1730 et 1736 le site abritait un port naturel. Les salines ont été aménagées au XIXème siècle. Le sel extrait sert à la conservation des poissons.


18 novembre 2018 – Lanzarotte (nord)

Nous partons pour Mancha Blanca car le dimanche un petit marché local de fruits et légumes permet de s’approvisionner en produits cultivés dans l’archipel.

La route nous conduit ensuite à Mirador del Rio. A 500m altitude, la vue sur la Graciosa est à couper le souffle. Le site a été aménagé par César Manriqué.

Pause déjeuner au restaurant Volcan de la Corona à Yé (merci Dominique pour le conseil). Grillades au feu de bois et vin de Lanzarotte.

Cuevas de los Verdes. Cette grotte est un tube de lave de 6km de long datant d’une éruption de 3000 à 5000 ans. On l’appelle aussi le tunnel de l’Atlantide. La température est constante à 19°C.

Jameos del Agua. C’est le coin rêvé pour les surfeurs. Les rouleaux sont spectaculaires.


19 novembre 2018 – Lanzarotte (sud-est)

Nous partons pour Puerto Calero. Notre ami Dominique (sur Court Bouillon) rencontré à Rabat, quitte Lanzarotte pour Gran Canaria et la traversée vers Sainte Lucie. Nous lui souhaitons bon vent.

Balade à Playa Quemada. Le village est typique avec ses maisons blanches en bord de mer. La plage est constitué de galets et sable noir volcanique. Le contraste est saisissant avec le bleu du ciel et de la mer.


22 novembre 2018 – Lanzarotte

Le levé du jour a été magnifique sous un ciel de feu. Mais, très vite la pluie s’est invitée pour toute la journée.

Nous partons visiter le vignoble El Griffo au centre de l’île. La visite du musée puis des vignes se termine par une dégustation de six cuvées (4 blancs, un rosé et un rouge). Les viticulteurs font preuve d’imagination pour s’adapter aux contraintes du terroir (peu d’eau, du vent sec).

Culture en « zanjas »
Culture en « hoyos »

Nous déjeunons ensuite à Arrieta au Nord-Est dans un petit bistrot face à la mer. Le poulpe grillé est un vrai régal. Il est accompagné d’un vin blanc de cépage Malvasia Volcanica endémique de l’île.

L’après-midi, visite de la fondation César Manriqué qui a été l’une de ses deux maisons. L’artiste peintre, sculpteur et architecte natif de Lanzarotte (1922-1992) a profondément marqué cette île par ses aménagements. Sa vision écologiste a permis de préserver l’authenticité de Lanzarotte et éviter une dégradation du paysage comme on peu malheureusement le voir trop souvent dans des stations balnéaires de la péninsule ibérique.

Nous terminons le soirée au pub anglais de la marina. Bière et musique mettent l’ambiance. Laurent et Virginie nous quittent déjà ! Cette semaine avec eux est passé trop vite. La semaine suivante va être consacrée à la préparation du bateau pour la traversée de Lanzarotte vers la Martinique.


27 novembre 2018 – Fuerteventura

Dans les préparatifs de la transat, nous prenons le temps d’une visite de Fuerteventura qui se trouve seulement à 25 minutes de ferry de Playa Blanca (Lanzarotte). Et hop ! Une voiture louée pour un tour du nord de l’île.

Passage par Puerto del Rosario, la ville principale. Aucun intérêt … c’est pourquoi il n’y a pas de photo. Par contre, j’y ai trouvé l’embout gaz qui permet branché une bonbonne de gaz espagnole sur notre gazinière. Ouf ! ça fait une semaine que je fais tous les ship et les magasins de bricolage de Lanzarotte. Le nom du détaillant Gaz y Aqua m’a été donné par un quincailler de Corralejo. Nous partons ensuite pour La Oliva. Le ventre de Loulou criant famine, nous avalons un hamburger (maison) au kiosque de la place de l’église.

A notre grande surprise, l’île est havre de paix pour les écureuils.

Ensuite nous prenons la direction du Parc des Dunes de Corralejo au nord-est. Magnifique et original de parcourir des dunes de sable sur une île volcanique. Les couleurs sous le soleil sont d’un contrat saisissant.

En fin de journée, retour à Corralejo puis la Lanzarotte par le ferry.

Voilà, notre séjour sur la Canaries prend fin. C’est un archipel peu connu des français. Les touristes sont principalemet allemands (30%), anglais (30%) et espagnols (30%). Le climat en hiver est très agréable 20 à 23° avec de très belles journée ensoleillées. Nous sommes à 5 jours du Grand Départ. Les préparatifs vont bon train.