10 au 30 novembre 2018 – Préparation

Météo : Même lorsque nous ne navigation pas la météo est relevée matin et soir afin de suivre l’évolution générale, le comportement des vents et des vagues dans le secteur. Une première lecture est faite sur le site américain du NOAA pour la zone Atlantique Nord. Ces informations « macro » sont ensuite affinées avec le  téléchargement de 3 modèles sur Weather 4D. Pour les vents GFS (maille de 0,5°, projection à 15 jours maximum et avec un pas de 3 heures), pour les vagues MFWAM Global (maille de 0,5°, projection à 48 heures heures maximum et avec un pas de 3 heures, 4 mises à jour par 24h) et pour les vents Arpège Global (maille de 0,5°, projection à 102 heures maximum et avec un pas de 3 heures, 4 mises à jour par 24h). L’avantage d’Arpège est de confirmer les projections du modèle GFS du NOAA Américain avec le modèle français développé par Météo Français. Il faut rester extrêmement prudent car ces modèles ne tiennent pas compte des effets de sites et des conditions sous grains. D’autre part, par sécurité il convient de retenir des vents en rafales pouvant être supérieurs de 40% aux prévisions. Tous ces fichiers, sont téléchargeables immédiatement sur internet. En navigation hauturière, les fichiers « grib » sont récupérés par l’iridium. Cependant, nous avons opté pour un routage météo. Le routeur nous adresse chaque jour un mail comprenant une explication de la situation, son évolution et une préconisation de way-point pour 24 heures.

Gasoil : Atlantide possède 2 réservoirs alu de 190 litres (un par moteur). Nous emportons en complément 4 jerricans de 20 litres chacun. Au moteur, je me limite à un régime de 1600 tours/minute soit une consommation de 1,5 litres/heure. Cela permet d’avancer à 4,6 noeuds voir plus avec un appui à la voile. Ainsi, nous avons une autonomie de réservoirs de 100 heures moteur. Aller plus vite réduit la capacité par exemple à 50 heures si les moteurs tournent à 2.200 tours/minute pour atteindre 6 noeuds. Au portant on peu se contenter d’un seul moteur à 1.800 tours/minute. Sur Atlantide, l’alternateur du moteur bâbord permet de faire fonctionner le déssalinisateur. Il faut 3 heures de moteur pour remplir les 220 litres d’un des deux réservoir d’eau. Le circuit de refroidissement du moteur tribord permet d’avoir de l’eau chaude (ballon de 40 litres). Il faut donc avoir un œil en permanence sur les jauges des réservoirs.

Eau : Il y a l’eau de mer, l’eau douce ou dessalinisée et l’eau minérale. Sur l’évier de la cambuse un robinet d’eau de mer sert à un premier nettoyage de la vaisselle. Les WC fonctionnent aussi à l’eau de mer. Atlantide possède deux cuve d’eau douce de 220 litres chacune. Elles sont remplies au départ du port. Puis le déssalinisateur permet de faire le complément. Cette eau sert pour la vaisselle, la cuisine et les douches. L’eau à boire est de l’eau minérale stockées à bord en bouteilles de 1,5 à 6,25 litres. Pour la Transat, nous stockons 210 litres d’eau à boire soit 1,5 litres par personne et par jour.

Gaz : D’un pays à l’autre les bonbonnes de gaz ont des formats et des détendeurs différents. Nous avons quitté la France avec 2 bonbonnes de 13kg. La première a tenu 2 mois et demi. Sur Lanzarotte il m’a été impossible de faire remplir une bonbonnes française à l’usine Disa d’Arrecife. La seule solution a été d’acheté une bonbonne 5kg et son détendeur au format espagnol. J’espère que pour la suite nous pourrons faire remplir l’une ou l’autre des bonbonnes.

Avitaillement : Avant de quitter la France nous avions anticipé la transat en achetant des produits secs dans des conditionnements importants notamment des pâtes, du riz, des lentilles par sacs de 5kg. Nous les stockons dans les bonbonnes d’eau de 5 litres pour éviter l’humidité. De même le sucre et la farine sont conservés dans des futs étanches de 5 litres. Nous supprimons le plus possibles les emballages. D’une part, le carton peu apporter des charançons à bord. D’autre part, en navigation les volumes de stockage des déchets sont réduits. Delphine a préparé une liste de repas sur les 18 jours avant les ingrédients correspondant. L’ordre des repas dépend principalement de la durée de conservation des aliments. Toutes les équipets du bateau et les 2 frigo sont totalement pleins. Nous partons très chargé. 7 bouches à nourrir pendant 18 jours minimum, ça mange …

Électricité : Avec l’eau c’est le plus important à bord. En navigation elle permet de faire tourner le pilote automatique et le frigo qui sont les plus consommateurs en énergie mais aussi l’électronique de bord, les feux de navigation et les éclairages led. En mer, nous avons 4 moyens de production d’électricité ; le moteur et son alternateur mais la quantité d’essence embarquée est limité, les panneaux solaires, l’éolienne, l’hydrogénérateur. Un gestionnaire de batteries nous renseigne sur le niveau de charge, la production et la consommation d’électricité (en V ou en Ah).

Sécurité : C’est la priorité à bord. La sécurité des équipiers et du bateau. Nous disposons, bien sûr, de l’armement de sécurité imposé par la Division 240, et plus encore ; gilets, balise de détresse, ligne d’homme à la mer, moyens de communication satellite, grab-bag, AIS, radar, routage météo. Nous effectuons une déclaration de traversée auprès du CROSS.

Médical : Grace à Fouad, nous disposons d’une dotation médicale à bord permettant de faire face aux petits bobos comme aux cas plus importants. Les équipiers on complété une fiche de renseignement qui a été envoyé avec la liste de la dotation médicale au CCMM de Toulouse. Ce service du CHU est dédié aux appels des navires 7/7 24/24. C’est rassurant de savoir qu’en cas de problème on ne sera pas seul.

L’une des 3 caisses embarquées

Et voilà, nous sommes prêt.


28 novembre 2018 : Point météo

Ce matin un appel téléphonique avec notre routeur météo, Michel Meulnet (Searout) permet de faire le point sur la situation générale et son évolution. Un anticyclone à l’Est des Açores rend la zone au sud sécurisée pour un départ le samedi 1er décembre à 12 heures. A moyen terme aucune dégradation n’est à craindre. Notre départ est donc confirmé. La route débutera par le passage entre Fuerteventura et Gran Canaria puis le cap sera de 240 à 250° pendant environ 500 à 600 milles. Ensuite route directe dans les alizés.


Jour par jour notre transat racontée par les équipiers.

L’équipage :

Le Capitaine Ludovic Lacroix et les mousses ; Delphine Lacroix, Marilou Lacroix, Raphaël Balay, Frédéric Maï, Thibault Leblond, Anne-Laure Leblond et la Mascotte Moly.

Vendredi 30 novembre 2018

Départ d’Anne-laure et Thibault de Paris à 9h00, correspondance à Barcelone. Le temps en aéroport est dévolu aux derniers appels et messages pour souhaiter une bonne fin d’année à la famille et amis !

Arrivée à Lanzarote à 15h00 heure locale. Nous retrouvons Raphaël et Frédéric à l’aéroport. Leur bagage n’a pas suivi la correspondance, nous devons retarder le départ d’Atlantide initialement prévu à 12h00 le 1er décembre.

Ludo nous réceptionne et nous partons pour un tour de l’île en voiture. Paysage volcanique, aride, la terre est noire ou rouge. Les restes de lave créent des étendues désertiques. La végétation présente est éparse, quelques arbustes se développent sur les volcans noirs. Les contrastes sont saisissants entre les couleurs de la terre noire, la végétation d’un vert dense, l’océan, les maisons locales blanches.

Nous retrouvons Delphine et Marilou sur Atlantide.

Déjeuner, rangement des cabines, puis nous trinquons avec une bonne bière au pub bien connu d’Atlantide depuis leur arrivée sur l’île début novembre.

Retour sur Atlantide pour dîner tous ensemble, nous nous couchons tôt pour cette première nuit et prendre des forces pour la grande aventure !

Menus du jour :

  • Déjeuner : Poulet rôti, coquillettes, fromages de Fred, cake de Marilou
  • Dîner : Bœuf bourguignon, riz, clémentines

Samedi 1er décembre 2018 – Jour 1

Au réveil, nous savourons un gargantuesque petit-déjeuner de viennoiseries.

Opération douches dans la marina. Raph et Ludo partent à la recherche d’adaptateurs 12V pour les ordinateurs (Bazar de chinoiseries de la taille d’un supermarché). Par chance à midi l’aéroport informait Raph & Fred de l’arrivée par l’avion du matin de leurs deux sacs, nous prévoyons d’amarrer vers 15h00.

Après les derniers préparatifs, un déjeuner rapide et les pleins d’eau, il est l’heure, photo de l’équipage puis toute la troupe s’active à bord pour lancer Atlantide sur les flots.

Il y avait à bord une excitation et pour certains une petite « angoisse » du départ. Pour nous tous, c’est notre première transat. L’impression d’un saut dans le vide, d’un océan qui sépare deux continents, un vide de 20 jours sans voir âme qui vive. De l’eau, que de l’eau. Durant les deux premières heures le vent est très faible et subitement, dès la sortie de la passe entre les deux îles de Lanzarotte et Fuerteventura, une petite brise emmène Atlantide par une allure de grand largue à 7/8 nœuds. Nous longeons Fuerteventura par l’ouest à une bonne distance de la côte. La nuit est magnifique et étoilée. Sur les 9 premières heures de route nous avons parcouru 45 milles.

19h00, nous assistons à notre tout premier coucher de soleil sur Atlantide, un coucher de cinéma.

Thibault est tout heureux, il a pu capter le rayon vert du soleil (dernière lueur du soleil avant que ce dernier ne disparaisse derrière la ligne d’horizon, le ciel doit être particulièrement dégagé pour le percevoir).

Au moment du dîner, premier ressenti du mal de mer pour A-L (Anne-Laure), c’est fulgurant !

Nous suivons les instructions du capitaine pour remplir le journal de bord lors des quarts, puis dînons dehors.

Les quarts de nuits sont affectés. Etant 6 équipiers, le capitaine propose trois quarts en binome. Le 1er quart est assuré par Anne-Laure et Thibault de 20h-0h, il est d’une durée de 4h car moins pénible que les quarts en pleine nuit. Le 2nd quart est pris par le capitaine et Delphine de 0h-3h. Le 3ème quart de 3h-6h par Fred et Raph. Puis l’équipe de 1er quart fait 6h-8h et l’équipe de 2nd quart 8h-10h.

Menus du jour :

  • Déjeuner : Quiche, salade verte
  • Dîner : Tartines de terrine, Lasagnes, salade d’oranges

Dimanche 2 décembre 2018 – Jour 2

Première nuit en océan, la sensation est agréable. La tête sur l’oreiller, on entend parfaitement le bruit des vagues, on se laisse bercer.

Reprise de quart par ALT à 6h00 pour 2 heures de veille.

Nous croisons un cargo de 200m de long.

Un banc de dauphin nous dit bonjour juste au lever du soleil !

Ludo et Delphine nous rejoignent, manœuvre d’empannage. Puis sieste de 2 heures.

Au réveil, nous découvrons Marilou regardant Orgueils et Préjugés, les hommes sont sur le pont, Raph a préparé un cake au chocolat.

A l’heure de l’apéro, le capitaine sort un jambon cru de 6kg !

Après le déjeuner, différents ateliers se mettent en place : Dégustation à l’aveugle, lecture, sieste, pêche, tarot, origamis, Games of Thrones.

A la nuit tombée, nous lançons une opération d’empannage, en prévision d’une nuit plus confortable pour l’équipage. Nous déployons le solent puis enroulons le gennaker. Malheureusement le gennaker ne s’enroule pas correctement, la voile vrille. Nous sommes contraints de la descendre, espérant qu’elle ne se soit pas déchirée dans la manœuvre.

Mise en route des quarts pour la nuit.

La nuit étoilée est splendide. Ce ciel est surprenant par rapport aux nuits dont nous avons l’habitude en France : les constellations sont nettement visibles, les étoiles tapissent le ciel jusqu’à l’horizon, offrant un paysage d’étoiles à 360°.

Une planète, que nous présumons être Venus, scintille telle un spot de discothèque (bleu, rose, rouge, jaune, turquoise, orange, … !).

Ce spectacle se poursuit jusque dans la mer, étincelante des bancs de planctons phosphorescents.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Salade de riz, fromages, fruits
  • Dîner : Ratatouille, jambon, fruits

Lundi 3 décembre 2018 – Jour 3

Cette 2nde nuit nous offre une pluie d’étoiles filantes, le spectacle est superbe.

Au matin, l’ensemble de l’équipage s’atèle à dévriller le gennaker à la main, puis de le ré-enrouler pour l’envoyer à la manière d’un spi. L’opération demande de l’attention pour ne pas déchirer la voile et de bons biceps.

Aujourd’hui, la magie est à bord. Marilou, Raph et Thibault réalisent des tours qui nous épatent tous.

Pour le dîner, Marilou lance un Concours de chant. Chaque soir un chanteur sera désigné au sort. Il s’avère que tout l’équipage participe de bon cœur, le répertoire français est à l’honneur.

Dans notre objectif de limiter notre consommation d’eau douce, nous lançons la cuisson à l’eau de mer. Premier essai avec des nouilles chinoises… Beaucoup trop salé ! Il est nécessaire de rincer avec un filet d’eau douce toute cuisson à l’eau de mer, le résultat et impeccable, ce qui permet de préserver significativement notre réserve d’eau douce.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Pain de thon, salade de concombres, salade de tomates et mais, fromages, fruits
  • Dîner : Wok nouilles au bœuf, citronnade, fruits

Mardi 4 décembre 2018 – Jour 4

Aujourd’hui, nous avons un nouveau compagnon ! Un oiseau (certainement une espèce africaine, plus gros qu’un goelan, une grande envergure d’aile, des pattes palmées et un long coup) se pose sur nos panneaux solaires. La nuit précédente, un calamar a « sauté » sur notre pont, nous lui offrons. Il n’est pas farouche, se laisse facilement approcher, en fait il observe tous nos gestes et décide de rester sur le bateau pour la journée… Atlantide, covoitureur des océans !

Manœuvre d’envoi du spi qui nous permet de profiter pleinement du vent, nous filons à une vitesse de 9 nœuds.

Nous limitons volontairement notre consommation d’eau douce pour juger de l’autonomie d’un catamaran comme Atlantide avec un équipage de 7 personnes.

La journée se poursuit autour de jeux de société, de lecture et de la préparation de pâte à pain pour les pizzas du soir.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Salade de lentilles et grenades, cake aux courgettes, œufs durs, moelleux au chocolat
  • Dîner : Pizzas 4 fromages et jambon cru/poivrons/câpres, fruits

Mercredi 5 décembre 2018 – Jour 5

Notre compagnon à plumes a passé la nuit sur le toit de notre bimini, puis nous souhaite bon vent au petit matin.

Journée de pétole, nous avançons en appuie moteur. L’intérêt de cette vitesse réduite est de pouvoir pécher. Challenge pour la graversée : attraper un thon.

La houle est douce, le bateau très stable, atelier pâtisserie avec préparation de sablés bretons, meringues et un cake à l’orange.

Grande décision sur le bateau, aujourd’hui nous changeons les torchons !

Juste avant le coucher de soleil, nous coupons le moteur pour profiter d’un bain d’océan ! Fred, Thibault et A-L plongent, la température est idéale, qu’il est bon de se dégourdir les jambes. Fred a apporté un savon qui mousse à l’eau de mer, douche sur le pont devant le coucher de soleil, magique !

Au dîner, nous poursuivons le concours de chant lancé par Marilou, battle autour des chansons paillardes… Moly n’apprécie pas nos talents de mélomanes et nous le fait savoir !

Menu du jour :

  • Déjeuner : Salade de pâtes, moelleux au chocolat
  • Dîner : Poulet en sauce, carottes vichy et haricots verts sautés, poires

Jeudi 6 décembre 2018 – Jour 6

2nd jour de pétole, nous avançons toujours sous moteur, vitesse constante de 4 nœuds.

Séance cinéma avec « L’étrange histoire de Benjamin Button ».

Raph nous fait passer un test de personnalité qu’il souhaite mettre en place pour sa profession de coach en développement personnel (M Evolution).

Fred et Raph se lancent dans l’apprentissage de l’utilisation du sextant. Cette technique de guidage s’avère beaucoup plus complexe qu’imaginé, les erreurs de cap peuvent vite être importantes.

Nous constatons qu’il est facile de se passer d’eau douce à bord. La plupart de nos usages en eau fonctionnent avec l’eau de mer (cuisine, vaisselle, douche). Nous laissons une bassine d’eau douce pour se rincer les mains la journée et une pour la toilette. Nous parions sur notre capacité à ne pas dépasser 3 litres de consommation journalière d’eau douce.

Apéro tarot (accompagné d’un whisky coca, cake aux courgettes et chorizo) en ambiance disco.

Les quarts nous rendent gourmands, nous réalisons que nous dévorons un cake par nuit.

Petit point de parcours à 20% du trajet réalisé. L’estimation de départ étant basée sur un temps de traversée de 19 jours et 21h00 (soit une arrivée estimée au 20 décembre à 12h00).

Les paris sont lancés sur la date et l’horaire d’arrivée en Martinique.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Verrine de concombres, Croque-Monsieur, kiwi
  • Dîner : Tortillas, cake aux courgettes, jambon cru à l’os, bananes flambées

Vendredi 7 décembre 2018 – Jour 7

Le quart de Raph et Ludo leur sert à compléter le test de personnalité pour Ludo et d’échanger avec Raph sur les résultats : Séance de coaching à bord.

Le quart de Thibault est Delphine se déroule sous l’intrigue de « Usual Supect », celui de Fred et A-L en compagnie de « Shreck ».

2 jours de traine consécutifs, toujours pas de poisson au bout du rapalat (leurre attaché à une ligne de pêche).

Marilou nous prépare des crêpes pour le petit-déjeuner.

Atelier sextant dans le cockpit et « Ratatouille » dans le carré.

Raph nous prépare son fameux Gâteau à l’orange, recette fraichement reçue de sa femme Constance grâce à la connexion Iridium.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Wraps de poulet
  • Dîner : Gratin de courgettes, fromage blanc et crème de marrons

Samedi 8 décembre 2018 – Jour 7

Roulement des équipes de quarts.

Le levé de soleil du jour est à la hauteur de la fête des lumières lyonnaise.

Première pêche ! Une daurade au bout de notre traine ravive nos papilles au déjeuner.

Après les épisodes pêche et la toilette à l’eau de mer, Fred, Raph et Thibault se lancent sur le trampoline pour une session de salutation au soleil.

Nous avons coupé le moteur, le vent est faible mais nous permet d’avancer avec le gennaker. La température est agréable, entre 25 et 28°.

Poème par Raphaël Balay

« J’ai des envies d’écriture autre que descriptive. Pourquoi ne pas faire appel à l’écriture automatique et me laisser aller sur des poèmes. Laisser la plume s’exprimer au rythme des vagues, laisser l’écume des jours nous cueillir, nous surprendre et nous emmener vers des territoires inconnus. Pourquoi ne pas surfer sur la profondeur de nos pensées, là où l’inconscient pourrait nous surprendre, là où la surendipité pourrait nous illuminer. Nous entourer de cette houle qui caresse l’océan de nos pensées, de nos idées. Il m’aura fallu 8 jours pour lâcher les amarres de mes certitudes, et oser être sans retenue, laisser mes pensées vagabonder sans jugement. Oser la grâce des mots nous séduire, oser écrire pour ne rien dire et savourer le plaisir de l’encre qui coule, qui glisse le long de mes pensées. Et si la vie n’était que pensée ? Et si la vie était là, le long de cette ossilation ; pourquoi ne pas cueillir l’instant présent, sentir les embruns, sentir cette douce caresse du vent sous la peau. Laisser l’utile pour préférer l’inutile, pour s’ouvrir au bruit la vie et laisser résonner le sens des mots, du vent, de l’écume. Quelle joie, quel plaisir de se laisser à être. Il faudra prolonger cette nouvelle expérience en moi. »

Dimanche 9 décembre

Un rituel quotidien s’installe : le TarApéro ou « Rien de tel qu’un bon apéro pour savourer une partie de tarot (et réciproquement) !

Sans oublier son hymne « Un ptit fond fond fond les petites marionettes, un ptit fond fond fond, 3 ptits tours et puis s’envont ».

Sur Atlantide, un seul crédo : « Santé, bonheur, joie et BONNE HUMEUR ! ».

Soirée disco ! Atlantide sort la boule à facette, DJ Ludo aux commandes, le cockpit comme dancefloor, tout l’équipage se déhanche !

Menu du jour :

  • Déjeuner : Salade de pâtes au surimi, fruits
  • Dîner : Pâtes au moules (on a oublié le dessert, emportés par le rythme !)

Lundi 10 décembre

Nouvelle pêche, une daurade, celle-ci plus grosse que la précédente, nous la savourons sous toutes ses formes.

Le matin, nous trouvons les garçons sur le trampoline, chorégraphiant les figures de la Salutation au soleil.

En fin d’après-midi, cours d’aérobic dans le cokpit et tarot dans le carré.

Nouvelle rotation de binômes et d’horaires pour les quarts de nuit.

Au fil des jours, Raph prodigue à chacun des membres de l’équipage une séance de coaching sur la base du test de personnalité que nous avons rempli. Très enrichissant, merci Raph pour tes conseils !

Menu du jour :

  • Déjeuner : Tartare de daurade au citron vert et gingembre, sashimi de daurade, filets de daurade au four, taboulé, fruits
  • Dîner : Œufs à la tomate, Bananes flambées

Mardi 11 décembre

Nous déployons le spi pour optimiser notre allure, seulement une partie de la bordure s’est décousue, nous rangeons la voile dans sa housse, nous ne pourrons la réutiliser jusqu’à sa réparation.

Sur Atlantide, nous restons coquettes et décidons de revoir notre mise en plis. Loulou et A-L sortent les bigoudis !

Puis Loulou, comme (presque) chaque jour, préparent quelques cours (maths, français et histoire principalement).

Les cinéphiles sont à bord, les répliques cultes fusent sous le son des bandes originales les plus marquantes. Après s’être recommandés quelques bons films à voir ou revoir, nous organisons nos séances cinéma pour chaque quart de nuit.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Salade de riz
  • Dîner : Bœuf bourguignon, fromage blanc et crème de marron

Mercredi 12 décembre

La corne de brume retentie pour marquer une étape clé : nous sommes à mi-distance du parcours global, la distance cumulée parcourue et le reste à parcourir sont de 1 450 nœuds

Cela fait plusieurs jours qu’aucun bateau n’apparaît sur notre radar, nous sommes totalement seuls à plusieurs dizaines de milles à la ronde.

Pain frais pour l’équipage grâce à Raph et Marilou qui ont confectionné et pétris leur pâte à pain.

L’essai sera renouvelé dès le lendemain en prévision des toasts de foie gras pour célébrer notre passage du 38ème méridien.

Tout bon navire se doit de baptiser son équipage :

  • Ludo est « Captain »
  • Delphine est « Maestro »
  • Marilou est « Grenouille » ou « Froggy »
  • Raph est « Solo »
  • Fred est « Ptit Biscuit »
  • Thibault est « Voltigeur »
  • A-L est « Sunny »

Poème par Raphaël Balay

« Vivre ou mourir il faut choisir, je pense avoir choisi mon camp. L’aube de la vie c’est le réveil des sens, sentir l’air frémir le long de sa peau, ressentir la chaleur du soleil chauffer en même temps que la froideur du vent et des embruns. Vivre c’est embrasser la vie par tous les bouts, c’est avoir envie de faire, de construire, de battir, aussi d’aimer passionnément, sentir son cœur battre et bouilloner pour l’être aimé. Avoir envie de donner sans compter. Avoir envie de prendre sans retenue, se sentir libre d’aller et venir dans la complicité de la chair, de la sueur torride des éléments. Sentir son corps s’abandonner au délice des fruits interdits, sentir la levée des hinibitions ou tout simplement s’abandonner aux délices de l’amour inconditionnel ; celui qui élève notre âme plus que notre esprit.

J’aime la vie, cette bouffée d’oxygène qui libère les sens, le sens de la vie. Comprendre pourquoi, pourquoi la vie prend la direction du vent. Ce vent qui souffle sur les bordures de l’expérience de la vie. Et si choquer les écoutes de la vie nous permettait de prendre une nouvelle direction, un cap. C’est en surfant sur les vagues d’émotions que nous mesurons plainement à quel point nous sommes vivants. J’entends l’éolienne des émotions siffler le chant du surf, le vent ennivrant, cette vitesse est à la fois grisante mais elle fait peur aussi. N’avons nous pas peur de vivre pleinement, d’oser être sans regard ? »

Menu du jour :

  • Déjeuner : Croque-Monsieur, chocolat
  • Dîner : Tarte salée, salade de betteraves, entremet au chocolat, limonccello

Jeudi 13 décembre

Vers 3h du matin, nous avons passé le 38ème parallèle, Atlantide se trouve donc pile au milieu de l’océan Atlantique, entre les côtes africaines et martiniquaises.

Première pluie, nous sortons les bottes ! Une dépression nous poursuit pour les 3 prochains jours. Entre 13 et 18 nœuds de vent réel, Atlantide vogue à une allure moyenne de 7 nœuds, le surf sur les vagues nous permettant quelques pointes de vitesse.

Pour cette journée qui marque la moitié de notre aventure, nous sabrons le champagne !

Menu du jour :

  • Déjeuner : Wraps, oranges, chocolat
  • Dîner : Champagne, foie gras, cassoulet, compote de pommes

Vendredi 14 décembre

Grosse journée cuisine pour le Chef Delphine et ses commis.

Baptème d’Atlantide : Afférée en cuisine, dans la chaleur du carré, Delphine Vs La Houle, La Houle vainqueur par KO !

Pendant ce temps, Loulou et A-L philosophent et dessinent leur portrait.

Les prévisions météo annoncent vent arrière pour les prochains jours, l’équipage s’attèle dans la réparation du spi grâce à du scotch à voile. La voile devant être déployée dans toute sa longueur, elle occupe l’espace sur le bateau depuis le trampoline jusque dans les cabines.

Ce 14ème jour sera une journée record pour Atlantide :

Distance parcourue de 173,21 milles

Vitesse moyenne de 7,22 nœuds et VMG de 6,97 nœuds

Menu du jour :

  • Déjeuner : Salade de lentilles, tartinades, reste du cassoulet, salade de fruits
  • Dîner : Crèpes party

Samedi 15 décembre

Journée de grain, Fred apprécie sa douche en plein air.

L’équipage est scotché jour après jour de la qualité des préparatifs du binôme de capitaines Delphine et Ludo !

Nous nous rendons compte de la multitude de détails auquels ils ont dû penser avant le départ. Les vérifications techniques, les pièces de rechange en tout genre, l’organisation du bateau et de chaque équipé, la préparation des menus et l’avitaillement gargantuesque à bord pour satisfaire les 7 gourmands durant 3 semaines.

Pour cette traversée, il a été prévu :

  • Plus de 250 litres d’eau potable
  • 18 litres de jus d’orange, 15 litres de lait, et autres softs et apéritifs en tout genre
  • 8kg de farine
  • Des kilos de pates, semoules, lentilles, riz, sucre
  • 130 œufs
  • Des légumes frais (que nous avons pu cuisiner jusqu’au 10ème jour) et des fruits frais (dont beaucoup pourront être conservés jusqu’à la fin du séjour)
  • 1 jambon cru à l’os de 6 kilos
  • De nombreuses boites de conserves (légumes, fruits, plats) pour la fin du séjour
  • …Et 1 000 astuces de notre 3 étoiles Delphine pour nous régaler chaque jour

(Petite note pour les futurs équipages, il est impossible de trouver du sirop à Lanzarote.)

Menu du jour :

  • Déjeuner : Pain de thon, salade de tomates et haricots verts, flan au chocolat et à la vanille
  • Dîner : Gratin de raviolis (« Panzani Mezoni » !), compote de pommes

Dimanche 16 décembre

La nuit fut très agitée, des grains demandant d’enchaîner les manœuvres, les membres les plus aguerris gardent la main et veillent toute la nuit. Le Capitaine est de toutes les opérations et ne se repose qu’au petit matin, certain de la sécurité d’Atlantide et son équipage.

La journée est ensoleillée, Atlantigue vogue jusqu’à une pointe de 8,75 nœuds sur la période de 12h00 à 14h00.

En prévisions du décalage horaire de 4 heures en Martinique, nous décidons de commencer à nous adapter en otant 2 heures au référentiel horaire UTC 0 que nous suivions jusqu’à présent (et qui reste notre référence pour le journal de route).

Comme chaque soir, le dîner est un moment convivial, rythmé des délicieux repas composés par l’équipe 3* d’Atlantide. Nous savourons nos pizzas maison, et terminons en beauté le repas avec des poires au chocolat, appréciées jusqu’au bout en éteignant les lumières pour lécher les assiettes !

Menu du jour :

  • Déjeuner : Tapas espagnoles, salade d’oranges
  • Dîner : Pizzas (4 fromages et jambon cru, câpres, mozza), poires au chocolat

Lundi 17 décembre

Effervescence sur le bateau, tout le monde se prépare pour la soirée déguisée organisée par notre animatrice Marilou (invitations papier à présenter à l’entrée !). Sur le thème « Princesse », les membres de l’équipage jouent le jeu. Ce soir, Thibault devient Miss Bout Bout !

Marilou nous a également préparé un jeu de mimes et imitations, l’ambiance sur Atlantide est particulièrement légère.

Nous savourons notre dîner tous ensemble, rythmé de chants.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Salade de pâtes aux maquereaux, clafoutis aux abricots
  • Dîner : Confis de cuisses de canard, flageolets, compote de pommes

Mardi 18 décembre

L’océan s’est transformé, plus nous approchons de la Martinique et plus des plaques de sargasses se forment à la surface de l’eau.

Cette algue se propage de manière exponentielle dans les îles, nous nous rendons compte, à 500 milles des côtes, de leur densité dans l’océan.

Fred a une révélation, si la transat sur un catamaran dans un rythme de croisière est agréable, le rythme et les manœuvres plus soutenues de la régate lui conviendrait mieux.

Galvanisée par le succès de sa soirée déguisée de la veille, Marilou nous convie pour le soir même à se retrouver autour du thème de Noël.

Marilou et A-L construisent une guirlande géante pour décorer le carré, Delphine se fabrique des boucles d’oreille « sapin », Raph imagine une revisite de Jack Sparrow, …

En fin de journée, le capitaine fait le point météo et juge les risques de grains et la force du vent suffisants pour déscendre la GV d’un ris supplémentaire. Nous préparons les affaires de pluie pour les quarts de nuit.

La gite met KO Raph qui part se reposer sans dîner.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Taboulé, cake aux olives, chocolat
  • Dîner : Riz cantonais, fougasse au chorizo maison, entremet au chocolat

Mercredi 19 décembre

La bouteille de gaz s’étant vidée la veille, nous la remplaçons (bien prévoir une réserve de gaz car la consommation en est importante en 3 semaines de cuisine).

Le choix d’une bouteille supplémentaire a été décidé lors des semaines passées à Lanzarote par Ludo, Delphine et Marilou. Note importante : les bouteilles de gaz espagnoles ne sont pas compatibles avec le système français. Il aura fallu au capitaine de trouver un adaptateur permettant de permutter les bouteilles le moment venu.

Nous constatons d’ailleurs un différentiel de pression dans le flux du gaz en début d’utilisation de cette nouvelle bouteille. En souhaitant mettre en route la gazinière, une flamme importante s’en échappe. Pas de mal, si ce n’est la houpette du capitaine brunie. Les utilisations suivantes sont stabilisées, pour autant la bouteille sera remplacée par un système français à notre arrivée en Martinique.

A 400 milles de l’arrivée, nous réalisons qu’il sera très difficile pour Raph et Fred d’attraper leur avion prévu le samedi 22/12 à 17h00. Tout se jouera à quelques heures mais le risque étant important, les 2 membres d’Atlantide décident de repousser leur vol de 24h.

A ce niveau du parcours, toujours aucun bateau au radar ni signe de vie aux alentours. Nous devons pour autant renouveler notre vigilence.

Après-midi tarot pour les uns, lecture et sieste pour les autres.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Salade de riz, clafoutis aux abricots
  • Dîner : Purée mousseline et saucisses, abricot en sirop

Jeudi 20 décembre

Vers 1h du matin, A-L survient lors du quart de Raph et Fred, réveillée par un bruit fracassant dans la coque babord avant. La crainte d’une voie d’eau ammène Fred à contrôler la coque externe, harnais et frontale. Le quart de minuit-3h00 de Raph et Fred est rythmé de manœuvres sur les voiles pour tenter d’optimiser notre trajectoire et vitesse (optimiser la VMG, ou Velocity Made Good); éclairés par une lune presque pleine et très lumineuse. Vers 7h00 (UTC 0), A-L et Thibault assistent à un flamboyant coucher de lune ! La lune devenue rousse 1h auparavant et toujours très lumineuse disparait derrière les nuages puis l’horizon, le spectacle est magique.

Au petit matin, durant le quart de 6h00, manœuvre d’ampannage, nous replions le gennaker. La voile ayant vrillé, nous sommes contraints de l’affaler pour ne pas risquer de la déchirer.

Dans la matinée, nous hissons de nouveau la voile mais constatons que l’émerillions de la drisse du gennaker bloque sa rotation. Cette voile étant indispensable pour poursuivre le voyage, nous l’affalons une nouvelle fois pour la relancer manuellement. Le vent s’engouffrant dans la toile rend la voile très lourde, il faut prendre garde de ne pas se faire emporter.

L’après-midi est consacrée aux jeux de société, GOT (Game Of Thrones, dont l’équipage est mordu) et lecture.

Nous commençons à préparer notre arrivée en pensant aux derniers menus du séjour, les valises à faire, le bateau à nettoyer, le bouclage du journal de bord.

Lors du TarApéro quotidien pré-coucher de soleil, Fred alerte l’équipage, « Baleine à tribord ! ».

Il nous faudra chercher à terre le type de baleine que nous voyons : d’une longueur de 6 à 7 mètres, son dos est gris foncé, doté d’une nageoire dorsale et d’un évent, son flan et ses nageoires sont blancs.

Elle joue autour du bateau un long moment, nous faisant passer de la proue à la poupe pour garder le contact visuel. Nous avons tous le souffle coupé.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Salade de pommes de terre harangs et sardines, jambon cru à l’os, flans vanille et chocolat
  • Dîner : Cuisses de canard confites, petits pois et carottes, poires au chocolat

Vendredi 21 décembre

A la veille de retrouver la terre ferme, nous nous attelons dans la préparation des bagages. Surtout, nous profitons d’une belle journée sur cet océan devenu notre maison pour quelques semaines.

Le sentiment d’avoir pleinement profité de cet environnement et de cette parenthèse hors du temps est partagé de tous, comme l’envie de retrouver le plaisir de marcher.

C’est un souvenir gravé, vécu en famille et amis.

La traversée de l’Atlantique exige beaucoup de préparation, tant d’un point de vue du bateau que des hommes. La sélection des membres qui composent l’équipage est essentielle, car à bord l’entraide prime et l’humeur de chacun peut avoir beaucoup d’influence lorsque l’on se retrouve confinés sur un catamarran durant autant de temps. Atlantide a fait embarquer à son bord de sacrés marins qui nous ont permis d’apprécier pleinement cette aventure.

Il est étonnant de noter que notre prosmicuité ne nous a pas géné, chacun acceptant le rythme des autres, le plaisir de se retrouver tous ensemble ou de s’isoler face à l’horizon. C’est un voyage dont on ressort riche car 3 semaines en plein océan est une expérience de partage, de contemplation et d’introspection.

Tout l’équipage remercie 1 000 fois les capitaines Delphine et Ludovic pour leur incroyable préparation et leur accueil si chaleureux afin de vivre ensemble cette aventure humaine !

A 18h30, nous ne sommes plus qu’à 120 milles de l’arrivée et environ 24h de navigation.

Marilou nous concocte notre dernière soirée à thème : « Pirates ! ».

Pour vivre notre ultime apéro, seuls au monde, nous sabrons le champagne !

Le capitaine nous avouera être soulagé une fois à bon port, la responsabilité quant à la sécurité de son équipage lui important plus que tout.

Menu du jour :

  • Déjeuner : Spaguettis aux moules, fromage, compote de pommes
  • Dîner : Jambon cru, compote de pommes

Samedi 22 décembre

« Terrre, Terre en vue !! » Nous sommes à 35 milles des côtes martiniquaises, et la montagne Pelé nous apparaît.

Nous affalons le gennaker pour le ranger dans la cale.

Tous l’équipage est ému de découvrir bientôt le paysage de l’île et de la vie (à 30 milles de l’arrivée, nous n’avons toujours pas croisé de bateau !).

Estimation de l’arrivée dans la marina vers 16h00 (heure locale).

Menu du jour :

  • Déjeuner : Fin du jambon à l’os de 6kg, coquillettes, charcuterie, pommes
  • Dîner : Sur l’île !

Fin de notre chapitre de la traversée de l’Atlantique

« Quelle chance d’avoir pu faire ce voyage au rythme :

Des vagues, du vent, de la lumière, des quarts, des tarapéros, des gateaux au yahourt, du pain maison, de la cuisine de Delphine, de la bonne humeur d’A-L, de la justesse de ludo, des soirées à thèmes de loulou, des explications de Miss Bout Bout, de l’introversion de Fred, des conseils de Raph, des discussions avec Delphine, des daurades, des douches à l’eau de mer, des pages d’écriture, du jambon cru à la coupe, des réglages de voiles de Fred, de la crème de marron, des prises de ris, des empannages, des poissons volants, des sorties de moly sur l’avant du bateau, des saisons et épisodes de GOT, de « Tes jambes Loulou », des bulletins météo envoyés par notre routeur, des relevés de point à chaque changement de quart, de la lumière rouge la nuit, des étoiles, des changements de position de la lune, des couchers et levés de soleil, des grains ou des coups de vents attendus, des siestes du matin ou de l’après-midi, des lâchés prise sur des airs de Dalida, des câlins de Moly, des statistiques sur l’heure d’arrivée, des inventaires d’eau et d’œufs, des découpages de bouteilles d’eau, des lovages de bouts, des attentions de Delphine et Ludo, du temps qui passe et nous réjouis.

La vie est belle en bateau, elle est encore plus belle partagée. Nous avons aimé vivre ces instants, nous vous aimons Equipage d’Atlantide !