29 septembre 2018 – Gibraltar -> Tanger

Cette page sur le Maroc débute par la traversée du détroit après une semaine d’attente à Gibraltar. Le passage des colonnes d’Hercules est loin d’être une promenade de santé pour plusieurs raisons. Un courant constant du sens Ouest-Est résulte de l’évaporation de la Méditerranée ayant pour conséquence une différence de niveau de 30cm entre l’océan et la mer. Un courant de marée qui bascule donc 2 fois par jour avec une puissance qui peut aller jusqu’à 6 nœuds à certains endroits. Le vent, qui, de face, ruine toute tentative de traversée, est extrêmement variable. Il peut y avoir seulement 10 nœuds à Gibraltar et 35 nœuds à Tarifa. Enfin le trafic de cargos, paquebots et ferries est extrêmement dense, canalisé dans un Dispositif de Séparation de Trafic qu’il faut couper au bon moment car, aucune priorité aux navires sous voile n’est accordée dans ce rail. Après lecture des ouvrages ad hoc et d’avis d’autres marins, la stratégie est basée sur une traversée à la pleine mer de Gibraltar +3 heures. La météo annonçait un vent d’Est de 15 nœuds à Gibraltar, 25 nœuds à Tarifa et 25 nœuds à Tanger.

La marée haute étant à 6h19, nous avons quitté le port à 7h30 au moment où le jour commence à se lever. En prévision des vents soutenus la Grand Voile était hissée à 8h00 avec 2 ris. Après un slalom entre les cargos en attente dans la baie d’Algesiras, nous étions comme escomptés à 9h30 à la pointe sud de la baie mais avec un vent plus faible que prévu. Un appui moteur était conservé pour rester très manœuvrant. Le but est ensuite de rester le plus près possible de la côte espagnole (route au 270°) pour couper le rail le plus perpendiculairement possible vers le Maroc. Nous n’avons pas pu tenir ce cap car le vent étant d’Est nous devions rester à la limite de l’empannage. A l’intersection, avec la limite Nord du rail de sortie, nous descendons vers le Sud entre les cargos. Ouf! ça passe à 8 nœuds! nous franchissons les 2,5 milles avec un vent de 15 à 25 nœuds en rafales. La mer est formée, elle bouillonne, les vagues dansent dans tous les sens. C’est une lessiveuse géante d’une puissance phénoménale. Dans la zone centrale (comme un terre plein central d’autoroute) il faut viser entre les cargos qui s’engagent dans le rail d’entrée. Notre vitesse est plus faibl, un courant nous contre. Après une frégate des gardes côte Espagnoles, nous nous lançons. Pas de bateau au loin, ça passe. Ouf (une seconde fois) nous voilà au Sud du rail, le pire est passé. Cependant le vent reste fort et le courant nous pousse à plus de 8,5 nœuds vers la sortie du détroit. Nous longeons la côte Marocaine jusqu’à Tanger. L’entrée au port est délicate avec 25 nœuds de vent. Heureusement nous sommes amarrés en longside face au vent. Ouf (une troisième fois). La Tanja Marina Bay a été inaugurée il y a seulement trois mois par le roi du Maroc. L’accueil est chaleureux tant par le personnel du port que par les douaniers. Nous terminons cette journée épique par une balade dans la médina et un thé à la menthe au café Hafa.

En conclusion, nos choix de route ont été les bons (être à la pointe Sud-Ouest de la baie d’Algesiras à la pleine mer de Gibraltar +3 heures). Il faut être au portant, sous toilé pour ne pas se faire surprendre par les rafales et conserver un appui moteur pour les passages de rail; en route opposée un cargo que l’on voit au loin arrive très rapidement sur vous.


30 septembre 2018 – Tanger

Après une matinée pluvieuse propice au travail et la lecture nous partons pour une promenade dans le quartier de la Kasbah. Les ruelles étroites aux maisons blanches rappellent l’Andalousie. La musique aussi. Nous terminons notre promenade par un thé à la menthe partagé avec les musiciens des « Fils du détroit ». Depuis 35 ans des musiciens passionnés de rythmes arabo-andalous jouent le soir à partir de 18h30 dans un petit bar de 15m2. Lieu minuscule mais quelle ambiance. Nous assurons les percutions, une femme danse son mari chante.


2 et 3 octobre 2018 : Tanger -> Rabat

Nous avons de quitté Tanger à midi pour Rabat. 127 milles à parcourir avec une navigation de nuit. La simulation sur Weather 4D prévoyait 20h44 de route sans moteur. Au départ, le vent d’Est nous a littéralement propulsé jusqu’au cap Spartel avant de devoir virer plein Sud. Je ne m’attendais pas à avoir autant de vent à la sortie de Tanger. Toutes voiles dehors Atlantide a fait une pointe à 12,3 noeuds lors de rafales à 23 noeuds. En fin de journée nous filions à 7 noeuds. Le vent est tombé vers 2 heures du matin, nous obligeant à finir au moteur. La nuit a été magnifique sous les étoiles. A l’arrivée à Rabat, nous avons fait appel au pilote du port pour nous guider dans le chenal de la rivière Bouregreg permettant d’accéder à la marina.

Standby dans l’attente du pilote.
Remontée du chenal

Comme à chaque entrée de port au Maroc nous sommes placé au ponton d’accueil. La police et les douanes montent à bord pour une inspection du bateau et nous faire compléter tous les formulaires d’entrée. Ils sont toujours très accueillant, c’est presque un plaisir de prendre une heure pour ses formalités après une nuit de navigation … Atlantide est enfin amarré et nous retrouvons les quatre bateaux qui avaient fait le même trajet depuis Tanger, deux français un américain, un suisse.


4 octobre 2018 – Rabat

La journée comme par une matinée d’école pendant que le capitaine s’occupe d’acheter une carte Sim marocaine pour notre routeur afin d’avoir de la data et des communications à l’international. L’après-midi nous visitons la Médina et la Kaskah des Oudaïas.


5 octobre 2018 – Rabat

Au programme de cet après-midi, la visite du musée Archéologique. Petit musée mais de très belles pièces qui retracent les périodes de l’Antiquité, Romaine et Islamique (à partir du VIIème siècle). Une grande partie de ces objets proviennent des fouilles de Volubilis (au Nord de Meknès).

Masque d’Océan. Ier siècle avant J.C. Bronze

Tête de la déesse Junon. Période romaine. Marbre

Seconde visite, la tour Hassan et le mausolée Mohamed V. La tour Hassan devait être le minaret d’une immense mosquée qui ne vit jamais le jour. Elle fait 44 mètres de haut au lieu des 88 prévus initialement. Les colonnes et le sol ont été reconstitués suite au tremblement de terre de 1755.

Sculpture de période Atlantide !

Le mausolée de construction récente abrite les tombeaux de Mohamed V et Hassan II.


6 octobre 2018 – Rabat

10 heures, nous nous engouffrons dans un « Grand taxi blanc » avec 3 autres passagers (du coup pas si grand que ça comme son nom ne l’indique pas!), direction le « Chellah » pour visiter le site historique. Accompagnés de notre guide, nous découvrons les vestiges d’une ancienne cité romaine, reprise ensuite sous l’ère islamique au XIVème siècle, se succèdent minaret et école coranique tout ceci au milieu d’un riche jardin botanique développé sous l’impulsion du Maréchal Liautey en 1912 alors que le Maroc était sous protectorat français. Entourés de nombreux chats qui se prélassent et de plus de 240 cigognes nichées à la cime des arbres, nous profitons de l’ambiance reposante du site.

Les cigognes alsaciennes ne migrent plus

Détour par le Palais Royal en rentrant.

Notre ami Fouad arrive à la marina en milieu d’après-midi : trop contents de se retrouver ! Ses parents nous ont gentiment invités à diner, ce que nous recevons comme un grand privilège. C’est donc en voiture que nous rejoignons leur demeure dans le quartier résidentielle de Rabat, qui surplombe la capitale. Thé à la menthe traditionnel accompagné d’un grand plateau de fruits secs et diverses pâtisseries : à consommer avec modération quand s’ensuit le diner marocain …

Et en effet : pastilla de poulet aux amendes, tajine d’agneau aux pruneaux, petites courgettes aux épices, haricots frais à la coriandre, dés de pomme de terre, coing, olives vertes, fruits frais … une farandole de plats tous plus exquis les uns que les autres. Fouad disait vrai, quel cordon bleu sa maman ! Quasiment que des produits du domaine familial de Marrakech, nous avons été tellement gâtés. La qualité de la table n’avait d’égale que la gentillesse et la bienveillance de nos hôtes. Un grand merci à eux. Marilou, chouchoutée comme personne, a pris date pour revenir avec ses copines Sofia et Lila !


7 octobre 2018 – Rabat

Aujourd’hui nous fêtons les 10 ans de Loulou. Nous lui avons fait la surprise. Baignade et brunch de l’hôtel Sofitel de Rabat. Trop heureuse … Un gâteau (presque parfait) apporté en chantant par tout le personnel du restaurant.


8 au 10 octobre 2018 – Rabat -> Agadir

Nous avons quitté Rabat le 8 octobre car les jours suivants, la météo ne serait pas favorable. Une dépression sur les Canaries obligerait à reporter notre départ de plusieurs jours. Départ à 18h afin d’arriver à Agadir en début de journée. La simulation de route donne 61h de navigation. Peu de vent annoncé au départ mais, en fin de parcours, à partir du cap Ghir, un vent de face de 10 nœuds. En effet, la mer est calme en début de parcours. Par contre, les douze dernières heures furent beaucoup plus difficiles que prévu. Le vent de face de 10 nœuds a été en réalité de 25 nœuds en moyenne. Il souleva une mer avec des creux de 2m environ qui s’opposait à une houle du large de nord-ouest. De quoi secouer le bateau! Les vagues envoyaient des coups de boutoir sous la partie centrale du catamaran. Mais Atlantide restait d’une stabilité exemplaire dans ce mauvais temps. En fin de parcours dans la baie d’Agadir nous avons été rincés par des grains. Nous devions nous présenter en milieu de matinée à Agadir mais le passage du cap Ghir, 35km plus au nord, nous a fait perdre plusieurs heures. A 3h du matin le phare était en vue, nous étions au moteur sans voile avec un léger vent de face. Nous étions à 8 milles de la côte. Petit à petit, le vent montait, la mer se formait, s’ajoutait un courant à contre, la vitesse baissait…Le capitaine décide d’attendre le lever du jour pour des raisons de sécurité tant sur le bateau que sur le plan d’eau. Seule solution pour passer le cap, tirer des bords avec un peu de toile et un appui moteur. A 7h30 du matin le défi est lancé. A midi nous arrivons à entrer dans la baie d’Agadir. Au milieu de la baie un spectacle exceptionnel s’offre à nous, un groupe de dauphins de Risso (une variété à tête ronde) vient jouer avec l’étrave du bateau pendant de longues minutes.

Bref, nous sommes bien arrivés heureux mais un peu fatigués de ces trois nuits en mer. En journée, comme la nuit, nous alternons les postes de veille. La nuit, le capitaine assure la veille jusqu’à 22h30 environ, le temps du dîner et d’un film ensemble (merci Anne-Laure et Thibault! ). Après le coucher de Loulou, Delphine prend le relai, le capitaine dort. Vers minuit, changement de quart. Delphine vient me relayer vers 2h du matin pour une heure de sommeil. Ensuite, le capitaine termine la nuit. La veille de nuit est d’autant plus importante que les bateaux de pêche marocains, quelque soit leur taille, ne sont pas équipés d’AIS donc aucun écho sur l’écran du traceur. La sécurisation de la route se fait à la jumelle – les filets sont parfois équipés d’une lampe flash. Pour éviter les plus petites unités, nous navigons de nuit à 10/12 milles des côtes. Lorsqu’aucun feu n’est visible en avant du bateau, nous mettons une alarme toutes les 12 minutes pour avoir un temps de sommeil. Croyez-nous, dès la seconde nuit de quart, on prend l’habitude de s’endormir en moins d’une minute! Cela paraît très court mais c’est suffisant pour tenir la nuit. En journée, nous alternons des petites siestes.


18-22 octobre 2018 – Les routes du haut atlas et le désert du sahara

Nous quittons Agadir par la vallée du Souss. Dans cette vallée fertile les champs d’agrumes (oranges et clémentines), de céréales, d’oliviers bordent le lit du court d’eau. Après 90km nous arrivons à Taroudant. Nous empruntons les rues nous permettant de faire le tour des 6km de remparts. Avec ses 130 tours et 19 bastions d’angle reliés par un chemin de ronde, ce système de défense en fit une ville imprenable.

Au fond de cette vallée les virages de montagne permettent d’accéder à Taliouine à 1500 mètres d’altitude. C’est la capitale du safran, cet épice rare, pistil du crocus dont le prix au kilo égale celui de l’or. Le paysage devient de plus en plus lunaire, minéral. La rare végétation est constituée de petites touffes d’herbes ou de buissons. La roche a des couleurs variant de l’ocre au noir et passant par des verts de gris témoins de la présence de cuivre et de cobalt exploités dans la région.

Nous passons la ville de Tazenakth. La route court sur les plateaux du haut atlas. C’est un spectacle magnifique.

Elle monte encore jusqu’au col de Tizi n’ Taguergoust avant une très longue descente vers la vallée du Draa et la ville d’Agdz (prononcer Agdiz).

Nous passons la nuit à Agdz dans une casbah (fort) du XVIIème rénovée dans le respect des matériaux de l’époque. La vue, sur le massif du Kissane et l’immense palmeraie de la vallée de Draa, est à couper le souffle. L’hospitalité berbère est sincère et généreuse. Kamal nous fait visiter sa casbah, raconte son histoire et celle de sa famille, celle d’un caïd (représentant du sultan ou du pacha dans une région).

Le lendemain matin, nous prenons la route du nord en direction de Ouarzazate sur une dizaine de kilomètre avant de bifurquer sur la droite sur une petite route qui nous conduit à un village isolé.

Il semble coupé du monde depuis trois siècles. Des maisons de terre sur le bord du Draa abritent des paysans qui cultivent des parcelles dans la palmeraie. Un chemin de terre permet d’accéder à une cascade du Draa. Omar, le gardien des lieux depuis 35 ans, nous « offre » un thé à la menthe avant de nous conter sa vie, ses visites dans ce lieu insolite.

En route vers sud, direction Zagora. La route des casbahs suit le Draa et la palmeraie. De chaque coté un massif montagneux de l’anti atlas aride, au centre une palmeraie, la mère nourricière pour toute la population de la vallée ; dattes, luzerne, orge, fruits et légumes dans de petites parcelles irriguées. La route serpente dans ce poumon vert.

A Zagora, nous retrouvons en début de soirée nos amis venus de Lyon Fouad (le régional de l’étape, GO du trip désert) et Dalila, Isabelle, Mik et Nadine, Alex et Laetitia, Nico et Steph. Les enfants, Edgar, Tessa, Sofia sont attendus avec impatience par Marilou. Avec deux taxis et notre voiture nous descendons tous vers le sud en direction de M’Hamid el Gizlane (la plaine des gazelles), fin de la route goudronnée avant l’entrée dans le désert. Nous échangeons nos voitures contre des 4×4 sous la direction d’Aziz pour une heure trentre de pistes et de dunes. Il est presque deux heures du matin lorsque nous arrivons au bivouac.

Au réveil de cette première nuit dans le désert, nous découvrons un paysage de dunes de sable (l’erg de Chegaga). Après le petit déjeuner départ pour deux heures de dromadaire. Nous n’imagions pas que nos muscles fessiers allaient en prendre un méchant coup (surtout pour Alex…).

Le chamelier stoppe les onze dromadaires à un point d’eau. Nous mettons pied à terre et sommes accueillis par une famille de nomades. Comme toujours ça commence par un thé puis déjeuner sur place.

L’après-midi les dromadaires nous conduisent au bivouac sauvage préparé par l’équipe d’Aziz.

L’arrivée avant le coucher du soleil est magnifique. La lumière est superbe pour des photos.

La soirée débute ensuite par la cuisson du pain de sable. La caisse de bières apportée d’Agadir est très appréciée. Nous dégustons une soupe berbère et un délicieux tajine au poulet et citron. Loulou souffle ses 10 bougies avec ses amis. Le ciel étoilé se déploie au dessus de nos têtes. Sans pollution lumineuse ce tapis d’étoiles nous rappelle les navigations de nuit. Nous nous retrouvons à sept pour une nuit à la belle étoile. Un moment fabuleux, magique. A chaque fois que nous rouvrions l’œil le tapis d’étoiles avait bougé. La lune se couche vers 5 heures du matin, c’est le clou du spectable, une explosion d’étoiles. Comme Saint-Exupéry, nous avions la tête dans les étoiles ; «Un ciel pur comme de l’eau baignait les étoiles et les révélait. Puis c’était la nuit. Le Sahara se dépliait dune par dune sous la lune».

Nous nous levons vers 7heures avec le jour pour observer le soleil se découvrir au loin sur les dunes. Après un bon petit déjeuner, départ pour safari en 4×4 en direction du lac Iriki. De lac il n’en a que le nom car depuis 1972, date de la construction du barrage sur le Draa vers Ouarzazate, le fleuve est asseché depuis M’Hamid el Gizlane. Seules de rares pluies arrosent cette plaine dont certaines zones peuvent reverdir. Le lac Iriki est une immense surface plate brulée par le soleil. Il peut y faire 50° en été.

Après un stop sur le lac, retour au bivouac pour le déjeuner. L’après-midi nous repartons pour M’Hamid el Gizlane. Les taxis et notre voiture nous attendent pour le retour vers Zagora. Nous passons tous ensemble la soirée à l’hôtel la Petite Kasbah. Le lendemain matin, tous très émus nous quittons nos amis. Ils rentrent sur Lyon et nous prenons la route d’Agadir. Ce séjour dans le grand sud marocain a été magnifique. Nous en garderons un souvenir impérissable. Merci Fouad pour ton organisation.


22 octobre au 3 novembre 2018 – Marina Agadir

Nous nous sentons bien à Agadir, le climat est agréable, la marina pas trop grande, les marocains toujours serviables. Marilou profite de ces jours de pause pour avancer dans son travail.

Nous commençons à faire des simulations de route pour rallier Arrecife aux Canaries sur l’île de Lanzarotte. La météo au large est capricieuse, tous les 2 jours nous subissons un coup de vent du nord à 25/30 noeuds pendant quelques heures. La houle est formée 2 à 4 mètres. Une fenêtre se profile pour un départ le 3 ou le 4 novembre. Nous suivons l’évolution au jour le jour.

Un commentaire

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